Se positionner quand on est multipotentiel demande de choisir une porte d'entrée, puis d'ouvrir le reste de ses compétences une fois que les gens vous ont compris. J'ai mis des années à le faire : je communiquais sur tout, et mes interlocuteurs ne savaient pas pourquoi me solliciter. Voici mon histoire, la méthode MultiPote ® qui en est née et un cas client qui l'illustre.
Les données et études citées dans cet article sont référencées et accessibles dans la section Sources & références en bas de page.
Se positionner quand on est multipotentiel : ce que cela demande vraiment
Se positionner quand on est multipotentiel consiste à choisir une porte d'entrée claire, celle par laquelle les gens vous découvrent, vous comprennent et vous recommandent. Le reste de vos talents garde toute sa place : il se déploie ensuite, au fil des échanges. Emilie Wapnick, dans son TEDx de 2015, décrit les multipotentiels comme des personnes qui ont un éventail d'intérêts et de métiers au cours d'une vie. Cette richesse devient un frein commercial le jour où elle arrive en vrac sur un profil, sur un site ou dans un pitch.
Le mot « positionnement » vient du marketing. Al Ries et Jack Trout l'ont popularisé dans des articles publiés dès 1969, puis dans leur livre Positioning: The Battle for Your Mind (McGraw-Hill, 1981). Leur idée centrale : ce qui compte se joue dans l'esprit de la personne qui vous découvre. Elle retient une place précise pour chaque offre, et elle ne cherche pas à reconstituer la vôtre.
Pour un profil multipotentiel, la difficulté vient d'une abondance : chaque intérêt est réel, chaque compétence mérite d'être montrée, et choisir donne l'impression d'en abandonner. La question utile devient : que doit comprendre quelqu'un en quelques secondes pour penser à moi quand il a un besoin précis ? Les sections suivantes racontent comment j'ai trouvé ma réponse, ce qu'elle a changé dans mon activité, et comment elle a ouvert la voie à ce que j'appelle la méthode MultiPote ®.
1. Mon histoire : communiquer sur tout et n'être choisie pour rien
Depuis que j'ai créé mon activité, j'ai eu le même problème : savoir me présenter. Je suis multipotentielle et je le montrais partout. Je créais du contenu sur ma part artistique, sur ma part communication, sur mon amour de la lecture et du cinéma. Je publiais le dernier film que j'avais vu, le dernier networking auquel j'avais participé, la vidéo tournée pour un client, le logo que je venais de dessiner, puis un projet immobilier. Chaque publication était sincère et reflétait une facette réelle de moi.
Le souci apparaissait au moment des recommandations. Quelqu'un voulait créer un site internet et cherchait un prestataire. On lui donnait mon nom. Il arrivait sur mon profil avec l'intention de me confier son site, et il y trouvait un mandala que j'avais créé, un livre que je recommandais, le compte rendu d'un événement de networking. Rien ne lui disait que je pouvais réaliser son site, alors que j'étais la personne toute désignée pour ce travail. Quand j'avais de la chance, il tombait le jour où je publiais un site que j'avais réalisé. Le reste du temps, il repartait sans me contacter.
Mon profil produisait donc un effet étrange : des gens me recommandaient avec conviction, et ceux qui étaient recommandés ne savaient pas pourquoi s'adresser à moi. Je faisais plein de choses, je le faisais bien, et la personne qui cherchait précisément un site ne voyait pas de preuve que j'en faisais. Ce décalage m'a coûté des clients, sans que je puisse le mesurer sur le moment.
2. Pourquoi un profil qui montre tout bloque la recommandation
Mon expérience a un équivalent dans les données sur la façon dont on regarde une page. Jakob Nielsen (Nielsen Norman Group, 2011), s'appuyant sur des données de Microsoft Research portant sur 205 873 pages web, résume que les visiteurs quittent souvent une page en 10 à 20 secondes. Un profil ou un site dispose donc de quelques secondes pour répondre à une seule question : cette personne peut-elle m'aider avec mon besoin ?
Les décideurs se renseignent aussi avant de vous contacter. Selon le rapport Edelman-LinkedIn 2025, les « hidden buyers » du processus d'achat B2B découvrent, consomment et évaluent le contenu d'expertise avant la décision finale. Votre contenu travaille donc en votre absence : il est lu par des personnes qui n'ont pas encore décidé, et il leur sert à juger si votre expertise correspond à leur besoin.
Les chercheurs ont aussi étudié l'effet d'un choix trop large. Dans une étude de terrain publiée en 2000, Sheena Iyengar et Mark Lepper ont proposé 24 confitures ou 6 confitures à des passants d'une épicerie : 60 % des passants se sont arrêtés devant le grand choix contre 40 % devant le petit choix, mais 3 % seulement ont acheté après le grand choix, contre environ 30 % après le petit choix. Cette étude est devenue célèbre, et le débat scientifique reste ouvert : une méta-analyse de 2010 portant sur 50 expériences (5 036 participants) trouve un effet moyen proche de zéro, avec une forte variation selon les contextes. J'en retiens une prudence : quand l'effet existe, il frappe les personnes qui doivent trancher vite.
Un profil qui expose vingt sujets ressemble à ce stand. Le visiteur s'arrête, il trouve cela passionnant, et il remet sa décision à plus tard. Pour une personne qui attend une réponse précise à un besoin précis, une porte d'entrée unique et lisible facilite la décision.
3. Le déclic : mettre un seul aspect de mon business en avant
Un jour, j'ai décidé de prendre le taureau par les cornes. Je me suis dit : je fais un focus sur un seul aspect de mon business, et si les gens ont besoin d'autre chose, ils le découvriront ensuite. Pour une multipotentielle, cette décision demande du courage, car elle donne l'impression de mettre ses autres talents au placard.
Ce qui s'est passé m'a surprise. À force d'échanger avec mes clients et de leur expliquer ce qu'ils devaient développer pour leur propre visibilité, ils comprenaient tout ce que je pouvais leur offrir par la suite. Ils entraient dans mon univers par une seule porte, puis ils découvraient le reste en travaillant avec moi. C'est à partir de ce focus que j'ai commencé à me vendre, à être vue, reconnue, recommandée et choisie.
Herminia Ibarra, professeure de comportement organisationnel, résume le mécanisme dans Working Identity (Harvard Business School Press, 2003) : l'action vient avant la connaissance de soi, selon la formule « doing comes first, knowing second ». Votre meilleure porte d'entrée s'identifie en essayant, en observant ce que les gens retiennent et ce pour quoi ils reviennent. Un focus se teste comme une hypothèse, et il se révise au fil des résultats.
Cette logique est celle que je décris dans mon article sur la niche multipotentielle comme une libération. Quand vous êtes multipotentiel et que vous vous positionnez, la niche vous sert de point de départ. Elle ne ferme aucune des portes qui s'ouvriront par la suite.
4. Le business étoilé : partir d'une source et ouvrir les branches
Ce focus m'a permis de développer mon concept de business étoilé. Le principe tient en une phrase : partir d'une source, puis déployer tout le reste en branches. La source, c'est la porte d'entrée, celle que vous avez choisie et que votre public comprend. Les branches sont tout ce que vous savez faire d'autre et qui prend naissance dans cette source.
L'expression réunit trois idées : la pensée en étoile du cerveau multipotentiel, qui part dans toutes les directions, l'exigence d'un restaurant étoilé, qui soigne chaque détail, et des services premium. Dans cette logique, une offre de départ lisible joue le rôle d'entrée en matière. Une fois la confiance installée, le client découvre les services complémentaires, qui restent tous ancrés dans la même niche.
Pour un entrepreneur multipotentiel, cette architecture règle la tension entre dispersion et cohérence. Vos talents sont tous présents, chacun à la place qui lui permet d'être compris. Le site, la présence sur LinkedIn, la vidéo, les offres complémentaires et le réseau forment alors des branches qui partent de la même source et qui racontent la même histoire. Cette organisation est l'objet de System4Pro, mon architecture business pour les profils MultiPote ®.
Le client avance dans une progression cohérente : il n'a pas à changer de sujet ni de promesse entre deux étapes. Votre exigence reste constante du premier échange jusqu'à l'offre la plus complète.
5. Un cas client : le positionnement seul a ouvert deux rendez-vous
Je l'ai vu fonctionner chez une coach que j'accompagne. Elle a pris l'offre la plus complète, System4Pro, qui suit un ordre précis : le positionnement d'abord, puis le déploiement du site internet, puis celui de LinkedIn. Nous avons réalisé à ce jour la première phase, c'est-à-dire l'Audit4Pro, le premier module de System4Pro.
Son site et sa stratégie LinkedIn n'étaient pas encore déployés. Pourtant, elle a décroché deux rendez-vous très pertinents en pitchant en networking. Je les attribue au travail de positionnement : elle avait focalisé son offre, et elle disposait d'un document maître marketing qui lui permettait de se présenter avec précision, que ce soit en networking ou en recherche de partenariat.
Ce cas illustre le mécanisme, sans valeur statistique : une seule personne, deux rendez-vous. Il montre néanmoins une chose que je constate régulièrement. Un positionnement formulé avec exactitude sert dès la première conversation, avant même que les supports numériques existent. Quand la personne en face comprend en une phrase qui vous aidez et pour quel résultat, elle sait immédiatement à qui vous présenter.
Voilà pourquoi je commence toujours par là. Le site et LinkedIn viennent ensuite, et chacun s'appuie sur ce socle. Un site construit sans cette base reflète le flou de départ, avec un meilleur graphisme. J'en parle plus en détail dans mon article sur la question de savoir qui peut m'aider à créer mon site Internet.
6. Le document maître marketing : dire qui l'on aide, pour faire quoi, avec quel résultat
Le document maître marketing est le livrable central du positionnement. Il rassemble en un seul endroit ce dont vous avez besoin pour parler de votre activité avec précision : vos mots-clés, la personne que vous aidez, ce que vous faites pour elle, le résultat qu'elle obtient et l'objectif que vous poursuivez. Tout le reste, c'est-à-dire les pages du site, les publications et les pitchs, se rédige à partir de lui.
Son premier bénéfice se constate à l'oral. En networking, face à quelqu'un qui demande ce que vous faites, la réponse exacte tient en une phrase et ne varie pas d'une rencontre à l'autre. La personne retient, et elle sait quoi dire quand elle pense à vous. C'est précisément ce qui a manqué à ma communication pendant des années : mes interlocuteurs ne savaient pas quoi répéter à mon sujet.
Le second bénéfice concerne la recherche de partenariats. Un partenaire potentiel doit comprendre en quelques secondes ce que vous apportez et en quoi cela complète sa propre offre. Un objectif clair l'aide à décider s'il peut vous ouvrir une porte. Un message qui énumère dix activités ne lui offre aucun point d'accroche.
Pour un profil multipotentiel, ce document joue un rôle supplémentaire : il hiérarchise. Il indique quelle facette passe en premier aujourd'hui, et il garde les autres en réserve pour les branches du business étoilé. Vous placez chaque talent dans l'ordre où votre public pourra le recevoir, et rien ne disparaît.
7. Choisir sa porte d'entrée : le cadre « Un focus puis l'étoile »
Pour se positionner quand on est multipotentiel, voici le cadre que j'applique et que je transmets. Il suit le chemin de mon histoire, en cinq mouvements.
- Une source. Choisissez l'aspect de votre activité pour lequel on pense déjà à vous, celui qui revient dans les recommandations que vous recevez.
- Une phrase. Formulez qui vous aidez, pour faire quoi et avec quel résultat. Cette phrase devient la base du document maître.
- Un profil lisible. Relisez votre profil, votre site et votre pitch avec les yeux d'une personne recommandée. Chaque élément doit la ramener à votre source en quelques secondes. Le film du week-end et le mandala attendront leur tour.
- Des échanges. Expliquez à vos clients ce qu'ils doivent développer pour leur propre visibilité. C'est ainsi qu'ils découvrent tout ce que vous pouvez leur offrir ensuite.
- Des branches. Ouvrez vos autres offres une fois la source reconnue, chacune reliée à la précédente.
Ce cadre s'adapte à votre rythme. Si vous hésitez entre plusieurs sources possibles, le test MultiPote ® aide à identifier votre profil, et un regard extérieur accélère le choix. Une fois la source posée, votre présence LinkedIn se construit autour d'elle : les gens qui vous découvrent savent immédiatement pourquoi vous écrire.
Mon parcours le montre : le jour où j'ai accepté de passer en premier par une seule porte, mon activité a cessé d'être illisible. La question de départ reste la même pour vous : quelle porte voulez-vous que vos futurs clients empruntent en premier ?
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© Hanane Risayindi · Websait
Questions fréquentes
Conclusion & prochaine étape
Une porte d'entrée, puis l'étoile
Choisir une source claire rend votre activité lisible pour les personnes recommandées, et elle ouvre la voie à toutes vos autres compétences. Le positionnement vient en premier, le site et LinkedIn se déploient ensuite autour de lui.